Des femmes victimes de violence apprennent à reprendre confiance en elles et à exprimer leurs émotions au contact des chevaux.

Dans le manège, le cheval trottine sur le sable et tournoie au rythme des indications. Ici, point de bride, ni de selle, car l’animal n’est pas monté pour une session classique d’équitation. Ce jour-là, c’est une séance un peu particulière qui se déroule au centre équestre des Cavaliers, à Vernouillet. Quatre femmes suivent le programme Vitao, un accompagnement assisté par le cheval. « On ne parle pas d’équithérapie car derrière cette notion, il y a celle du soin médical apporté à des personnes atteintes d’autisme, de handicap, d’Alzheimer », précise Anne Mathieu, l’instructrice. Ici, les participantes sont victimes de violences conjugales, morales et/ou physiques. Elles évoluent aux côtés du cheval pour apprendre à percevoir l’autre non pas comme une menace, mais comme leur égal.

Insultes et coups à répétition, voire séquestration et tentative de meurtre : les quatre femmes ont enduré tellement de violences qu’elles ont fini par perdre toute confiance en elle. « A force de s’entendre dire qu’on est une moins que rien, on finit par s’en persuader », raconte timidement l’une d’elles. « Je suis la victime, mais j’ai peur du jugement des autres. Le cheval m’a permis d’exprimer des émotions, sans sentir le regard de l’autre », confie une autre.

L’équidé se pose en révélateur émotionnel : les tensions telles que la colère et la peur vont générer sa nervosité. « Cet accompagnement permet de comprendre comment entrer en interaction avec autrui et savoir poser des limites. On évoque la sécurité et la vulnérabilité. L’objectif est de ramener toujours ça au quotidien », souligne Anne Mathieu.

Le programme Vitao s’intègre dans le dispositif expérimental Flora (Femme logement et réseau d’accompagnement) mené à Conflans-Sainte-Honorine, Achères et Poissy. Développé avec l’aide du conseil départemental des Yvelines, cet outil propose un logement temporaire à des mères de famille et leurs enfants confrontés à la violence conjugale, ainsi qu’un accompagnement pluridisciplinaire social, juridique et psychologique.